20/01/2005

Frères de sang

Emerson Max & Bob étaient frères de sang.
Emerson c'était le plus cool du trio...
il était fan de ELP, il ne jurait que par eux..
c'était Emerson au matin, Lake à midi et
Palmer au soir.. rien ne bousculerait jamais ça.
Max, il avait l'cul planté entre trois chaises..
les animals au ptit dèj, l'Johnny "nadzional"
au casse-croûte et les stooges en soirée.
Bob... ouais Bob... il marchait droit d'vant lui
iroquois un jour, la boule le jour d'après et
il laissait pousser ses tifs quand il "tombait"!
Je vous déssine les mecs histoire d'entrer dans la
ronde.. la ronde de nuit.

Le genre de gars que les petites vieilles quand
arrivait le soir, ben elle finissait de faire pisser
leur cleb rapido.. zou.. maison... dodo..
C'est pas qu'ils étaient affreusement méchants non..
Ils avaient juste cet air déglingué qui fait si peur
aux gens.. y a toujours eu des *affreux* qu'filent pas droits..
de tout temps. vous en croisez tous les jours vous mêmes..
La différence entre Emerson Max Bob et les *déconnectés*
d'aujourd'hui réside dans le fait qu'à leur époque à eux, ben
ça déroulait tout seul... je ne sais même pas s'ils
éxistait des boutiques de frip en ce temps là. Peu importe..
Ils étaient nature quoi.. ptêt que le BiC n'éxistait.
Ptêt qu'ils mangeaient bio et qu'ils en savaient
rien. Rien à foutre.. sex drugs & rock'n'roll and the rest
au fond de la poub.

Max travaillait dans une entrerprise du bled. Il faisait dans la mousse.
Il expédiait des matelas, des fauteuils à poil qui n'avait pas
encore croisé la moleskine.. d'autres mobilliers d'mousse
il jetait tout ce bazar dans des 38tonnes qu'arrivaient régulièrement..
à chacun son tour de Max.
Eté comme hiver.. Ils balançait le bazar.. Il avait sa montre,
comme tout le monde il voyait les heures défiler, et comme les
autres il trouvait que ses 9 heures 30mn (oui ça bossait pour de
bon à l'époque!) ne passaient pas assez vite. Commes les autres..
Ces GENS qu'avaient du mal à piger pourquoi dès que ça
sonnait il filait direct sans demander rien, sans saluer personne,
sans faire peter le *à d'main!!" frère de misére.. non
il ne glissait pas sur le même rail.. il ne se considèrait
pas comme un ouvrier de c'te boite.. il n'était que de passage..
des années de passages.. des milliards de secondes consacrées..
Son idée, elle était là : "se lever tous les matins pour aller bosser
c'est comme de faire la pute pour survivre."
ouais..
Les autres esclaves qui se cognaient leurs 9h30mn pareil étaient d'un autre avis
bien sure.. persuadés qu'il n'y avait pour Max que ce job
pour le raccrocher à la vie.. sa bouée à lui.. son matin bonheur..
sa chance.

Bob.. il y avait pas un pet de probabilité qu'il dise un jour que le boulot
c'est la santé", d'une, il ne savait pas que cté un leitmotiv nazi et de deux
il causait jamais boulot.. il a jamais eu envie de savoir..
juste vivre.. *poire vumer paizer*.. écouter les oiseux siffler et
faire sa petite distribution de baffes quand ça le prenait.
Sa contribution à la société. Toujours les mains dans les poches..
Toujours prêt !

Emerson, je disais plus haut que c'était le plus "soft" des trois..
pour résumer.


En 72 les douaniers en poste aux frontières n'étaient pas plus
zêlés que ceux d'aujourd'hui.. tous les douaniers ont en communs
la faculté de renifler l'"passeur".. enfin, c'est ce dont ils se targue.
la maison douanière a en son sein des tireurs d'élite.. des mecs et des
filles (aujourd'hui) qui savent repèrer le magouilleur.. ce don leur est
insuflé dès qu'il entrent dans le giron.. entre deux pastagas ou en levant
une "fine" suivant le lieu où ils ont étés affectés!
Une chose m'a toujours dérangé interpellé dans cette famille,
cette "maison douanière".. ils ne reniflent pas l'or..
les valises diplomatiques et les véhicules plaqués "don't touch"
passeront encore et encore.. et droit devant.. ne prennent pas
les routes secondaires les convoîs là.. intouchables.


Il faisait une chaleur écrasante quand ils arrivèrent à la hauteur
de la vieille cabane qu'servait de poste de contrôle..

Bob demanda une clope à Max qui lui rèpondit qu'il ferait bien
de se démerder un plan pour se payer son tabac.. Max est chien un peu.
Il déconne tout le temps mais faut le décoder et c'est pas si facile..
Emerson donna sa clope à Bob en même temps qu'ils se retrouvèrent
face à trois douaniers sortis de leur miteuse cabane en bois.
Le plus affuté du trio d'"képi" (il faisait chaud n'oublions pas)
voulait voir les faf's de nos trois amis.. ils étaient bien connus en ville
et ils passaient régulièrement la frontière à cet endroit.
l'Douanier affuté : salut les p'tits cons.. papiers sioupolait!!!
Les trois sortirent leurs cartes d'identitée..
l'Douanier affuté prit le paquet de faf's et demanda aux jeunes hommes
de bien vouloir entrer dans l'espèce de petite cabane qui leur servait de
poste..........
Max : ont est pas bien là ?
l'affuté : joue pas au malin avec moi Max..
Emerson : c'est vrai quoi.. ont est bien là..
1er collègue de l'affuté : discutez pas !!! hop ! fissa ! (...)
Bob : comment tu me barles toi s'péce de connnarr..
Max : calmos Bob.. c'est vrai quoi qu'ess vous nous voulez putain ?!!!??!
l'affuté : vider vos poches sioupolait.. (avec sourire maison douanière)
Emerson c'était vite vu l'avait rien en poche que ses clopes et son feu..
Max ralait en vidant les siennes de poches, il trimbalait toujours un opinel
ou quelque autre ustencile tranchant.. à cause de son boulot aussi
quoi.. BORDEL DE CONS qu'ils commença à gueuler..
Bob par principe décida de ne pas vider ses poches..
Il avait horreur qu'on le commande et ça pouvait le mettre en rôgne..
BANDE D'ENCULÉS JE VOUS ENCULENT qu'il lança en écho à la douceur
qu'avait balancée Max !!!*L'affuté* était offusqué et rouge de colère.
sa main tremblante griffait l'étuî de son pistolet.
il éssayait de ne pas perdre son sang froid...
le plus discrêt des trois douanières (oups sorry)
avait battu en retraite jusque la cabane qu'était équipée d'une
ligne de téléphone quand même voyez vous.. en 72..
Il appellait la gendarmerie qui rappliqua dare dare !!!!!
La cavalerie arrivait et il falait bien ça maintenant.
Bob avait déchiré son marcel et dansait une gigue et criait ses
grands dieux qu'il allait tout faire pèter, Max se tailladait les veines
pour leur mettre la trouille de leur vie aux trois cons en face
et Emerson jura qu'il mettrait le feu à la cabane...

Ils compliquèrent la tache des malheureux gendarmes qui avaient récoltés
le pépin d'mouscaille lancé en l'air par leurs *collègues* gardes frontières.
ça a cogné un peu.. ça a bousculé un peu jusqu'à ce que les trois affreux jojos
avaient pris place en cellule de dégrîsement. Ils avaient bien bu un peu, oui,
mais était-ce là ce qui poussa nos trois amis à se mettre en rôgne de la sorte?
L'alcool y était bien pour quelque chose.. le vin des uns, le pastaga des autres..
Les trois braillèrent toute la nuit.. en choeur.. isolés les uns des autres ils
communièrent ainsi... en chanson.. le cri les larmes et la rage....................
Les gendarmes qui logeaient juste au dessus avec leurs petites familles ne supportèrent
pas longtemps ce vacarme.. les trois diables fûrent virés de là à coup de pompes dans le
train et vous savez quoi ? hum.. je vous y reprends là.. ben Emerson il a marché droit
vers la cabane..
Bob et Max suivaient, ils faisaient moins de bruit que tout à l'heure,
Le trio douanier dormait pas sur place lui..
par contre la cabane ronflait quand Emerson donna un clap à Bob..
Il fit craquer une allumette, et la cabane s'enflamma... un joli feu de joie putain..
Ils restèrent là un moment à regarder la cabane s'embraser.

Quelques heures plus tard Max fut arrêté sur son lieu de travail,
Emerson cueilli au lit et Bob s'était évanoui dans la nature..
Les 2 premiers restèrent quelques mois en prison..
Bob leur envoyait de quoi se payer des cigarettes. Il passa les voir au parloir aussi,
leur montra une photo du nouveau poste de douane, il l'avait découpée dans le journal.
Il était beau ce poste. bâti en dur.. La vie est ainsi faite, tout sert à quelque chose
Bon sang.. Ils voulaient juste aller prendre une bière en allemagne ce jour là..........
La maison douanière avait ses humeurs et se rinçait au ricard, ça n'a pas collé.
Achtalafichta qu'il se disait Bob....

05:42 Écrit par always the sun | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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